Atlas des eaux souterraines africaines : le « X » indique la position, mais où se trouve la carte ? #60IAH2016

Forer pour trouver de l’eau est une entreprise très incertaine en Afrique – un peu comme être pirate sans avoir de carte au trésor. Dans beaucoup de régions, les roches sont très anciennes, parmi les plus vieilles de la planète. Ces pierres fendues, explosées par la chaleur du soleil ou détrempées par les pluies tropicales souvent seulement couvertes d’une fine poussière rouillée en guise de sol, peuvent contenir des quantités d#eau considérables.  Mais un foreur doit savoir à la fois où regarder et comment construire un puit qui durera. Un ou deux mètres peuvent faire toute la différence et donner un forage sec ou un puit capable d’alimenter une ferme ou tout un village pour une vie entière.

La bonne nouvelle, c’est que dans beaucoup d’endroits en Afrique les réserves d’eau souterraine sont plus importantes à proximité des lieux qui en ont besoin, et que la capacité de stockage technique ou avec l’usage des sols évolue. Les eaux souterraines sont une ressource naturelle actuellement sous-exploitée dans la majeure partie de l’Afrique – alors même que les problèmes de stress hydrique y sont très répandus et que la sécheresse menace les moyens de subsistance et la vie même de millions de personnes dans l’est et le sud du continent. Pour une fois les changements climatiques peuvent avoir une conséquence positive, car dans certains milieux les nappes se rechargent plus vite lorsque les épisodes pluvieux sont plus intenses. De fait, mieux comprendre et gérer les eaux souterraines africaines devrait être au cœur des stratégies de lutte contre la pauvreté et de résilience aux changements climatiques.

Jusqu’à présent, le manque d’information aisément accessible sur les eaux souterraines a constitué un défi à ce propos:

« Lorsque vous voulez forer un puit au Royaume Uni, vous pouvez vous appuyer sur des cartes et des registres de forage extrêmement détaillés (collectés par le British Geological Survey (BGS)] pour décider où vous aller creuser» confie Sean Furey, spécialiste Eau et Assinissement au Skat, à The Guardian. « Même dans les pays qui disposent d’une institution similaire au BGS, ce type de données n’est pas disponible car les ONGs, les acteurs privés ou même les gouvernements, qui commissionnent les forages, ne savent pas qu’ils doivent y transmettre leurs registres de forage. »

L’Atlas des eaux souterraines africaines a été lancé en mai et constitue une avancée majeure pour améliorer l’information sur ce sujet.

L’inspection des carrières anglaises (BGS) a élaboré cet Atlas en partenariat avec le Réseau eaux souterraines Burdon pour les pays en développement de l’Association internationale des hydrogéologues (IAH) et plus de 50 experts des eaux souterraines venus de toute l’Afrique.

L’Atlas présente, pour chacun des 51 pays africains, de nouvelles cartes gégologiques et hydrogéologiques complètes et des résumés des principaux milieux géologiques et aquifères du pays. Il comprend des chapitres sur le statut des eaux souterraines, leur utilisation et leurs modes de gestion, notamment les systèmes de suivi-évaluation, avec des informations à jour sur les organismes nationaux en charge du développement et de la gestion des eaux souterraines. Des éléments et des cartes sur la géographie, le climat, les eaux de surface, les sols et leurs usages complètent ces données. Il propose enfin des références et des liens vers des sources plus spécifiques pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet.

Les annexes présentent des sujets clefs concernant les eaux souterraines en Afrique tels que la recharge des nappes, les techniques de développement et les aquifères transfrontaliers, avec là aussi des liens vers des sources d’information plus détaillées.

L’Archive des publications sur les eaux souterraines africaines, est également disponible : gratuite, les utilisateurs peuvent y faire leurs recherches géographiquement ou par mots clefs et accèder à des milliers d’articles, de rapports et d’autres documents sur les eaux souterraines africaines.

L’Atlas des eaux souterraines africaines est en cours d’élaboration. Certains chapitres n’ont encore que des informations limitées et beaucoup d’autres peuvent être complétés avec davantage de détails ou de mises à jours – et l’ensemble des pays ne collectent toujours pas les registres de forage au niveau national. Néanmoins, si vous travaillez en Afrique sur l’approvisionnement en eau rural ou urbain, les ressources en eau, la protection de l’environnement, l’agriculture, ou l’exploitation minière ou forestière, faites de l’Atlas un de vos liens favoris dans votre moteur de recherche.

Qui sait si le « X » indique la position du trésor caché que vous cherchez ? Au moins, maintenant, vous avez la carte !

Illustration 1: Apercu de l’Atlas des eaux souterraines africaines[i]

AGA_Overview

Informations complémentaires :

L’Atlas des eaux souterraines africaines a été élaboré dans le cadre du programme UPGro –  Libérer le potentiel des eaux souterraines pour les populations pauvres  (https://upgro.org). UPGro est financé par UK Aid ; le UK Natural Environment Research Council (NERC), et le UK Economic and Social Research Council (ESRC). Passeur de savoir/Facilitateur : Skat Foundation, en partenariat avec le Rural Water Supply Network (RWSN) www.rural-water-supply.net

L’Atlas des eaux souterraines africaines et l’Archive des publications sont disponibles ici :

http://earthwise.bgs.ac.uk/index.php/Africa_Groundwater_Atlas_Home

http://www.bgs.ac.uk/africagroundwateratlas/index.cfm 

 

 

Si vous souhaitez davantage d’information ou nous rejoindre, merci de contacter Brighid O Dochartaigh at  AfricaGWAtlas@bgs.ac.uk

[i]               http://earthwise.bgs.ac.uk/index.php?title=File:AGA_Overview.png&filetimestamp=20150929142535&